Les arts martiaux philippin

Warriors Eskrima : un aperçu

 

 

 

 

 

Développement des qualités dans les arts martiaux philippins

Selon certains Eskrimadors philippins, l’enseignement des techniques à mains nues à des personnes ayant de faibles qualités martiales peuvent aboutir à long terme à des résultats probants en utilisant d'abord différentes armes, ce qui permet à l’élève de travailler ses attributs dès le début de l’apprentissage. C’est par cette transition que plus tard l’apprentissage des techniques à mains nues s’avèrera d’autant plus facile.

L’entraînement avec les armes sur une longue période force le système neurochirurgical à atteindre un niveau plus élevé et de répondre plus rapidement avec les réflexes. Pour illustrer ceci, citons l’exemple d’un conducteur qui roule à 40 km à l’heure après avoir roulé en permanence à 80 km à l’heure. Ceci laisse penser que 40 km à l’heure peuvent paraître rapides mais, après avoir roulé à 80 km à l’heure, la différence se fait ressentir au niveau visuel.

Cet article vise à présenter l’entraînement traditionnel que l’on peut retrouver dans les arts martiaux philippins et à expliquer comment on développe les attributs dans cet art.

Attributs et sensibilité

La sensibilité demande que la personne devine les intentions de son adversaire et pour ceci applique différentes méthodes tactiles telles que :

Palakaw : C’est l’art de contrôler la distance en combat rapproché. Palakaw développe l’utilisation de la Checking Hand (main de défense) qui permet de contrôler et de suivre la main de l’adversaire qui tient l’arme.

De plus, elle permet de créer des ouvertures dans la défense de l’adversaire. Cette méthode d’entraînement rapproché force le développement à la sensibilité à courte distance.

Pit A1 : cette méthode d’entraînement est aussi connue sous le nom de Tapi Tapi parmi d’autres styles d’Escrima. Elle implique la défense à mains nues contre un couteau. Cet exercice développe l’habileté de l’élève à contrôler la main de l’adversaire tenant le couteau, ce qui permet aussi à l’attaquant de faire travailler sa Checking Hand pour contrecarrer la défense pour permettre de rediriger son attaque.

Initialement, l’attaquant se limite uniquement à piquer son adversaire avec son arme et ensuite il introduit des frappes circulaires. La notion d’attaque combinée est travaillée lorsque l’élève est au point avec sa défense.

Ainsi, lorsque celui qui tient le couteau aiguisé touche le bon endroit, l’engagement est terminé, le degré de sensibilité pour l’entraînement au couteau est particulièrement élevé, il n’y aucune marge d’erreur.

Un exemple parfait est l'entraînement au couteau qui se fait d'habitude avec un couteau en aluminium sans danger pour le partenaire. Ainsi, le degré de sensibilité augmente en mettant un maximum de stress sur le partenaire d'entraînement pour qu'il réagisse avec un maximum de sensibilité à chaque attaque.

Attributs de la mécanique corporelle

Ceci consiste à utiliser son corps dans sa globalité lorsque des frappes sont données en ne formant qu’un tout. Afin de développer une bonne mécanique corporelle l’Eskrimador utilise une variété d’armes d’entraînements.

Le travail avec des armes force le corps à exagérer et amplifier la mécanique corporelle; les armes longues comme l’épée ou le bâton long développent une mécanique corporelle et elles sont fréquemment utilisées dans le travail de base que sont les Amarra (frappes de base codifiées).

Attributs de la coordination

Une bonne coordination peut être définie comme une habilité à effectuer un mouvement avec efficacité, facilité et une bon équilibre corporel. Pour que quelqu’un développe une coordination parfaite, il faut une constante répétition des mouvement de base. L’artiste martial philippin travaille la constante coordination au travers de l’entraînement du double bâton (doble armas ou sinawali), espada y daga (l’épée et le couteau) ou par un entraînement constant au Pao. Le sinawali permet un entraînement égal des deux côtés du corps, l’espada et daga permettent de travailler avec des armes de différentes grandeurs (notions de distance).Les Pao développent la coordination des frappes combinées.

Attributs de la fluidité

La fluidité peut être définie comme la continuité des mouvements enchaînés. Afin d’enchaîner de manière fluide il faut être vigilant et avoir une sensibilité qui assure une concentration ininterrompue.

Les Eskrimadors philippins sont renommés pour leur habilité dans la fluidité des mouvements, ceci est développé par une série d’exercices variés (exercices de fluidité).

Les exercices sont exécutés avec un bâton, un couteau ou à mains nues. Afin d’en assurer la fluidité, il faut constamment contrer l’attaque de son adversaire – ces exercices sont connus sous le terme sombrada ou contra y contra.

Attributs – Rythme et Timing

Le rythme est composé de feintes et de changements de rythme alors que le timing est la capacité de lancer une attaque appropriée au bon moment. Ces attributs sont développés tout à la fois avec les armes et les mains nues par l’intermédiaire de sparring (combats).

La maîtrise du rythme et des feintes sont considérées comme des exercices avancés, ils font la différence lorsque deux adversaires ayant la même aptitude technique sont face à face. Les Eskrimadors qui utilisent beaucoup la technique des feintes sont souvent appelés Lansidors.

Conclusion

En conclusion, il existe de nombreux autres attributs que l’Eskrimador s’emploie à développer. Ceci comprend le jeu de jambes, la vitesse, la force, l’équilibre, la précision.

En donnant dès le début la priorité au développement des attributs on donne au pratiquant de l’art martial une vraie chance d’être fonctionnel et efficace.